Adresse électronique Mot de passe (oublié?)


Pourquoi étudier le vieillissement cognitif à partir de 18 ou 20 ans ?



Parce que contrairement à une idée reçue, le vieillissement ne concerne pas seulement les personnes de plus de 70 ou 80 ans. Différentes données montrent que le cerveau humain subit des altérations cérébrales liées au processus de vieillissement déjà entre 20 et 30 ans, et ces altérations cérébrales ont leurs pendants sur le plan fonctionnel : déjà entre 20 et 30 ans on note des changements significatifs sur le plan cognitif, notamment celui de la mémoire, de la rapidité à laquelle on traite les informations, ou encore de certaines habiletés de raisonnement.

Ce que l'on observe chez les personnes de plus de 70 ou 80 ans est donc le résultat de l'accumulation de changements (positifs et négatifs) qui se sont opérés tout au long de la vie adulte. Des études focalisées sur les aspects cognitifs de personnes de plus de 70 ans ne permettent pas de distinguer chez ces personnes celles qui, par exemple, ont des difficultés de mémoire parce que déjà jeunes les habiletés de mémoire ne constituaient pas leurs points forts, de celles qui, au contraire, excellaient dans ce domaine mais l'ont vu perdre en efficacité.

Observer ce changement à différentes étapes de la vie permet ainsi de dresser des profils d'évolution différents d'un individu à l'autre, profils qui permettent une compréhension plus fine des observations faites ensuite chez la personne plus âgée.

De la même manière, c'est seulement en observant cette évolution tout au long de la vie que l'on a pu se rendre compte que certains individus subissent des altérations relativement prononcées alors que d'autres voient leurs capacités maintenues jusque très tard (il n'est pas rare d'observer des personnes de 80 ans qui manifestent des habiletés de mémoire égales ou supérieures à celles de personnes de 20 ans). Et c'est d'abord en identifiant ces profils différents que l'on peut ensuite chercher les facteurs (génétique, style de vie, etc.) qui les différencient et qui pourraient expliquer pourquoi certains vieillissent mieux que d'autres sur le plan cognitif et sont possiblement préservés de pathologies de type Alzheimer.